Evènement :

Lettre à Madame Sybille VEIL, Présidente de Radio-France

mai 22, 2019 dans Brève, Evènement

Paris, le 20 mai 2019

Madame Sybille VEIL, Présidente de Radio-France
Maison de la Radio
116 avenue du Président Kennedy
75220 Paris cedex 16

Madame la Présidente,

Responsables d’une fédération, d’un réseau national et d’un collectif régional regroupant des associations, des artistes, des écoles, des entreprises, des producteurs et des diffuseurs œuvrant dans le champ des musiques traditionnelles et du monde, nous jugeons indispensable de vous témoigner la grande stupéfaction et la très vive émotion que suscitent des informations alarmantes concernant l’évolution de la grille des programmes de France-Musique.

Cette vive émotion est manifestement partagée par les auditeurs de France Musique et par tous les citoyens attachés à la diversité culturelle, comme en témoignent les très nombreuses signatures recueillies par la pétition « Pour le maintien de la création musicale… ».

Du point de vue des esthétiques, l’arrêt de cinq émissions sur France Musique constituerait de fait une diminution sévère du temps d’antenne accordée aux musiques distinctes du « grand répertoire classique ». Rappelons que ce répertoire ne représente guère plus de deux siècles de création musicale, de Bach à Ravel, et dans une ère géographique non moins restreinte.

Du point de vue radiophonique, l’arrêt de ces émissions signifierait aussi un renoncement quasi complet au format magazine.

Ces émissions ont pourtant un double intérêt :
– elles donnent la parole aux compositeurs comme à celles et ceux qui font connaître et qui transmettent en France les musiques « autres » que la musique classique, la variété internationale et le jazz,
– elles diffusent des performances (concerts et festivals) dédiées aux musiques actuelles (contemporaines, improvisées, traditionnelles françaises et du monde).

L’émission « Couleurs du Monde Ocora » est le dernier espace dédié aux musiques traditionnelles et du monde dans les programmes des radios de service public. Nous n’imaginons pas qu’elle puisse être supprimée sans qu’il soit envisagé une suite et ou un autre format, pourquoi pas à une heure de grande écoute.

C’est pourquoi si ces informations venaient à être confirmées, l’incompréhension qu’elles suscitent se muerait en une indignation aussi franche que justifiée.

Nous ne voulons pas douter, Madame la Présidente, de votre attachement à la mission de service public que la représentation nationale a confiée à votre société et de votre volonté de respecter scrupuleusement les cahiers des charges qui encadrent son activité. Nous ne souhaitons pas davantage intenter à la direction de France Musique un procès d’intention consistant à lui reprocher de faire la course à l’audience et de transformer la station en un « clone » de Radio-Classique. Mais nous ne comprendrions pas :
– que soit écartée la démarche consistant à renouveler des formules d’émissions qui pourraient sans doute élargir encore leur audience,
– et moins encore que soit brutalement interrompu le travail exemplaire de productrices et de producteurs, impeccables sur le plan déontologique et qui, en s’inscrivant dans la durée, ont su fidéliser des auditorats avertis et réactifs. Leur action mérite au contraire d’être soutenue et pérennisée.

Si la tentation d’un repli sur le « pré-carré académique » venait à être confirmée, nous serions contraints d’y voir, non sans amertume, une nouvelle manifestation, dédaigneuse et stérilisante, de la hiérarchie des goûts. Cette hiérarchie, triste legs de la monarchie d’Ancien Régime, survalorise la culture « savante » en dépréciant symétriquement la culture « populaire ».

Nous considérons au contraire que constitue une nécessité morale, pour une radio de service public, la prise en compte de l’importance démographique, sociale et culturelle des musiques traditionnelles et du monde, tant au niveau des pratiques qu’à celui des productions artistiques. Les esthétiques qu’elles reflètent n’ont cessé d’irriguer la création savante, dans un va-et-vient permanent, au fil de métissages toujours féconds. En témoigne d’ailleurs l’intérêt grandissant pour ces répertoires des musiciens formés dans les conservatoires.

Il en va selon nous de la responsabilité culturelle et politique de l’audiovisuel public que de refléter cette diversité, de répondre à l’attente de reconnaissance et de dignité des personnes, qui s’exprime avec de plus en plus de force aujourd’hui, mais aussi d’éveiller toujours davantage la curiosité du public « naturel » de France Musique. Nous pensons qu’il est même vital pour l’avenir de la station d’agrandir, de rajeunir et de diversifier socialement ce public d’auditeurs.

Ce n’est pas à vous, Madame la Présidente, que nous allons expliquer combien sont d’ici ces musiques traditionnelles et du monde, éventuellement nées ailleurs mais profondément transformées par leur naturalisation. Les artistes qui les jouent comme le public qui vient les écouter l’attestent. Il s’impose à tous, responsables politiques et culturels, de l’admettre et d’en tirer les conséquences, plutôt que d’opter pour un repli.

La connaissance de l’autre, la perception de la diversité comme une richesse sont le meilleur moyen de lutter contre la xénophobie, le racisme, la stigmatisation de l’étranger. La défense de ces causes fait de notre point de vue intimement partie des missions de service public de Radio France.

Treize ans après la ratification par la République française de la convention de l’Unesco pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, il en va aussi de la responsabilité patrimoniale de Radio France.

En effet, votre société, comme d’autres institutions audiovisuelles publiques des pays voisins (BBC, RAI, RTBF, RTSR), accompagne depuis des décennies le travail des ethnomusicologues et elle contribue par conséquent à préserver et à valoriser les archives sonores qu’ils ont ramenées de leurs terrains d’enquête. Il en va de son devoir de maintenir et si possible d’amplifier l’accessibilité et la connaissance de ce patrimoine radiophonique, et de le mettre en perspective, par des coopérations, avec ceux de ses homologues étrangers. En effet si la culture est pensée souvent comme un secteur d’activité avec ses produits et ses professionnels, il ne faut pas oublier qu’elle est d’abord et surtout un ensemble d’éléments qui font qu’un être humain existe vis-à-vis des autres. Comme l’énonce la Déclaration Universelle sur la diversité culturelle de 2001, « chaque personne humaine détient une identité culturelle et la diversité de toutes ces identités constitue l’humanité ».

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons instamment, Madame la Présidente, de nous donner l’assurance que le temps d’antenne des musiques traditionnelles et du monde sera maintenu puis rapidement amplifié dans la programmation de France Musique, sans être évidemment réduite dans celles des autres stations du groupe, tant nationales que régionales. Certains de l’attention et de l’intérêt que vous porterez à notre démarche, nous vous prions d’agréer, Madame la Présidente, l’expression de notre haute considération.

Ricet GALLET Stéphane KRASNIEWSKI Max LEGUEM
Président de la FAMDT Président de Zone Franche Président du Collectif
Fédération des Actrices Réseau des Musiques des Musiques et Danses et acteurs des du Monde d’Ile de France
Musiques et Danses
Traditionnelles

Copie pour Monsieur Marc Voinchet, directeur de France Musique

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Vous pouvez signer la pétition pour le maintien des émissions
« A l’improviste », « Le Cri du Patchwork », « Le Portrait Contemporain », « Tapage Nocturne », « Couleurs du Monde Ocora »
à l’antenne de France Musique à la rentrée 2019. :
https://www.change.org/p/pour-le-maintien-de-la-cr%C3%A9ation-musicale-%C3%A0-l-antenne-de-france-musique

CULTURE AU QUAI 2018 – Samedi 22 et dimanche 23 septembre 2018 à Paris

septembre 20, 2018 dans Evènement

Le Collectif Musiques et Danses du Monde en Ile de France (MDM IDF) sera présent sur le stand C11 à Culture au quai qui aura lieu :
 – samedi 22 et dimanche 23 septembre 2018
   de 11h à 19h
 – quai de la Loire à Paris 19e
   M° Jaurès, Stalingrad, Laumière
Notre stand (stand C11), conjoint avec PARIS ANIM’ CRL10, est  situé dans le Village concert.
A noter: concert de Magou Samb, co-lauréat du Prix des musiques d’Ici 2017, dimanche à 17h30 – au village concert de Culture au Quai

Les 5 lauréats de la 1ère édition du Prix des Musiques d’ICI

février 19, 2018 dans Concert, Concours, Evènement

Présenté par la Fédération Nationale des Associations de Musiques et Danses Traditionnelles, le Collectif Musiques et Danses du Monde en IDF et le festival Villes des Musiques du Monde, en partenariat avec le festival Au Fil des Voix et la fondation Orange. 

Nouveau dispositif de repérage et d’accompagnement d’artistes, Le Prix des Musiques d’ICI concerne à la fois des artistes issus des diasporas, et des artistes français travaillant sur les répertoires musicaux des diasporas qu’ils côtoient.

Son objectif : mettre en valeur le dynamisme de réseaux culturels qui échappent aux radars des circuits habituels. En soutenant l’émergence d’artistes afin de lutter contre certaines formes d’exclusion, ce projet propose une action concrète qui montre la richesse des musiques de France, dans la diversité de leurs origines.

– 6  Régions participantes : Ile-de-France, Normandie, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie, Auvergne Rhône Alpes, Bretagne.
Critères de sélection :
– Capacité du projet à désenclaver les territoires,
– L’intérêt social et culturel du projet, concomitant à l’approche artistique,
– Etre originaire pour au moins un membre du groupe d’une des diasporas installées en France,
– Etre majoritairement implanté dans une des régions de France participantes au dispositif,
– Ne pas avoir signé avec une major ou un gros producteur de spectacle dans les 5 dernières années,
– soumettre trois titres enregistrés, une bio, une photo, une fiche technique, une vidéo live si le groupe en a.

Quel Prix ? : Les lauréats bénéficieront de conseils professionnels de la part des organisateurs du Prix, d’un accueil en résidence et d’une campagne de diffusion, notamment grâce à l’implication de ‘’Passeurs’’, partenaires privilégiés des organisateurs. Les Passeurs en région sont des professionnels associés au projet pour accompagner les lauréats dans la réalisation de leurs projets. Ils représentent pour la plupart un lieu de diffusion et résidence (centre culturel, SMAC, salle privée) ou un festival qui s’engage à accueillir au moins un lauréat en concert :

Accompagnement des lauréats :
– Conseil sur la stratégie de développement professionnel
– Coaching outils promotionnels (web et print)
– Coaching outils production live (fiches technique, rider, planning…)
– 1 résidence de répétition scène avec accueil technique son et lumières
– 5 dates de diffusion nationale et internationale si possible

 

Les 5 lauréats sont :

LE PROJET SCHINEAR
Auvergne-Rhône-Alpes // Chine
Ce trio de la région lyonnaise né de la volonté du musicien chinois Li’ang Zhao arrivé en France en 2012, réussit un tour de force inédit : une rencontre entre les Balkans, le Moyen-Orient et l’Asie, entre musiques traditionnelles et énergie rock . On croise ainsi un Erhu (violon chinois à deux cordes), un Zhonghu (alto chinois à deux cordes) joués de façon originale, une mandole kabyle, des percussions, du chant de gorge Ils animent aussi des ateliers-découverte des instruments chinois et arabes, des ateliers de musicothérapie auprès des autistes, et des ateliers d’écoute dans les maisons de retraite et en milieu scolaire.
SITE OFFICIEL

MAGOU SAMB
Île-de-France // Sénégal
Guitariste et chanteur sénégalais installé à Paris, Magou propose un folk tiré du ‘’ndeup’’, rythme traditionnel « Lébou » (les pêcheurs de Dakar) où se mêlent chants, danses et percussions et dont la pratique peut aller jusqu’à la transe mystique. Voix rauque et puissante, jeu de guitare teinté de tradition mandingue, de mbalax, de blues… Magou a  aussi créé un répertoire de contes montrant les vertus des traditions animistes dans la préservation de la nature.
FB / BANDCAMP

NIRMAAN
Bretagne // Inde
Nirmaan est né de la rencontre en 2012 en Inde de Parveen Sabrina Khan, fille d’une bretonne et d’un grand musicien du Rajasthan, d’Antoine Lahay,  et d’Etienne Cabaret, qui fréquentent là bas le Kawa Cultural Club, le lieu de création de la famille Khan. De retour en Bretagne,  les trois nouveaux amis créent le groupe avec deux autres musiciens, entre rock alternatif, musique classique indienne et pop.  Par ailleurs, la chanteuse anime des ateliers de chant du Rajasthan dans les écoles de Bretagne.
SITE OFFICIEL

 

PAUL WAMO
Provence-Alpes-Côte-d’Azur // Nouvelle-Calédonie
Conteur, slameur, chanteur kanak originaire de l’ile de Lifou en Nouvelle Calédonie, Paul Wamo Taneisi est aujourd’hui basé à Marseille, et participe à de nombreux projets artistiques autour de l’écriture et de l’oralité. Rythmes kanak et sonorités actuelles habitent son style, ancré dans ses origines et tendu vers l’ailleurs.
SITE OFFICIEL

SERKAN UYAR
Normandie // Turquie
Originaire de Konya, la ville sacrée des derviches tourneurs,  et basé en Normandie, Serkan Uyar est  une figure bien connue au sein de la diaspora turque, et demandé dans toute la France, notamment grâce à sa voix tout à fait impressionnante…. Il joue du luth baglama, du saz, de la guitare flamenca, des percussions, dont il a appris la maîtrise au prestigieux Conservatoire de Bakou en Azerbaïdjan. Il  se produit en solo ou accompagné de deux musiciens, un joueur de kabak kemane, et un percussionniste, oudiste et joueur de clavier.
SITE AGENCE

 

 

 

 

 

 

Ecoutez la rencontre Musiques d’Ici, diasporas et empathie du 1er février à l’Alhambra

mars 1, 2017 dans Colloque, Conférence, Evènement, Rencontres

rencontre-pour-article

Ecoutez les échanges ici : 

RENCONTRE : MUSIQUES D’ICI, DIASPORAS ET EMPATHIE / Alhambra, Paris – 1er fevrier 2017 

 Mercredi 1er février 2017 Foyer de l’Alhambra — 14h – 18h30

Le Collectif Musiques et Danses du Monde en Ile-de-France, la FAMDT,

Les festivals Au Fil des Voix et Villes des Musiques du Monde proposent une rencontre débat sur le thème :

Musiques d’Ici, diasporas et empathie  

Comment la création transforme le regard sur l’autre ?

Comment la réappropriation transforme la musique et ce qu’elle dit ?

Quels droits à l’expression et à la diffusion des musiques “exotiques” d’ici ?

Quelles conséquences économiques découlent du choix de la diversité ?

Quelles démarches innovantes dans le respect des droits culturels selon le territoire ?

Les représentants de différentes structures et des opérateurs menant des projets emblématiques participeront à cette réflexion. Il s’agira aussi de confronter les expériences de musiciens d’origine étrangère travaillant à faire vivre leurs cultures musicales en France et celles de musiciens français se réappropriant des cultures musicales mal connues des institutions et de l’enseignement de la musique.

Déroulé
14h : Accueil // 14h15 : Ouverture par les représentants de la FAMDT, des festivals Au Fil des Voix et Villes des Musiques du Monde, du Collectif Musiques et Danses du Monde en Ile-de-France.

14h30 – 16h15 : Table ronde 1 — Musiques des diasporas

— À partir des problématiques énoncées, les points de vue d’artistes et de producteurs représentant des diasporas ultramarines et étrangères établies en Ile-de-France.
Modération : Marie Poinsot (Hommes & Migrations).
Intervenants : Saïd Assadi (Accords Croisés / Iran), Max Diakok (LaFanMiKaRéSol / Guadeloupe), Jean-Didier Hoareau (artiste Maloya / La Réunion), Senthil Paramalingam (Yal / Sri Lanka – Inde du Sud).

16h20 – 18h00 : Table ronde 2 — Empathie pour les musiques d’ailleurs

— À partir des problématiques énoncées, les points de vue d’artistes dont le travail vise à se réapproprier des cultures essentielles à leur équilibre.
Modération : François Bensignor (Collectif MDM IdF)
Intervenants (sous réserve de changements) : Denis Cuniot (Artiste, directeur adjoint Ariam IdF / musique klezmer), David Georgelet (Artiste du groupe Akale Wube / éthio-jazz), Tania Pividori (Artiste du groupe Sanacore / tradition italienne), Natascha Rogers (Artiste / percussions et rumba cubaine).

18h05 – 18h30 : Musique & diasporas, enjeux internationaux par Sylvie Clerfeuille

  • Présentation du Prix des Musiques d’Ici / Diaspora Music Awards

La Folie des Fanfares en IDF !

juillet 20, 2016 dans Concert, Evènement

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Retour en images sur la journée dédiée aux fanfares organisée par Villes des Musiques du Monde à la Philharmonie de Paris et à A la folie Paris dans le Parc de la Villette.

Avec The Chosen Ones (New Orleans), le Cap To Nola Brass Band, le 93 Super Raï Band, la Fanfare Klezmer d’Ile de France et les Fabriques Orchestrales Juniors, soit plus de 140 musiciens amateurs, encadrés par des artistes professionnels avec lesquels toutes ces fabriques d’orchestres multi générationnelles travaillent, répètent, jouent et s’amusent tout au long de l’année !

La vidéo est à voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=bMl4uRizitc&feature=youtu.be

+ Reportage de la Chaîne d’informations LCI sur le projet « Fabriques Orchestrales Juniors » : https://youtu.be/FE36ufnLkbo

Cet événement a été organisé avec le soutien de :
La Mission Enseignements et Pratiques Artistiques en Amateur du Conseil Départemental 93 – La Région Ile-de-France – le Commissariat Général à l’Egalité des Territoires – La Fondation d’entreprise Aéroport de Paris – L’Ambassade des États-Unis d’Amérique -Nosaconn – A La Folie Paris – La ville de La Courneuve- Le Collectif Musiques & Danse du Monde en Ile-de-France.